La côte Oubliée, une niche de biodiversité dévoilée par l’OEIL

En juillet 2016, l’OEIL venait de finaliser la première synthèse des connaissances environnementales jamais réalisée sur la côte Oubliée. Cette vaste étude mettait en lumière l’important intérêt écologique de la région. Dans le cadre de sa mission d’information, l’Observatoire déchiffrait dans le même temps les principaux résultats de ce travail pour le grand public dans la neuvième édition de son OEIL Magazine.

Côte Oubliée : une synthèse des connaissances sans précédent

Quelles alternatives de développement durable pourraient se substituer à l’exploitation minière sur la côte Oubliée ? La question animait l’ensemble des communautés locales. C’est à leur demande, associée à celle de la province Sud, que l’OEIL a mené un travail inédit de synthèse des connaissances environnementales sur l’ensemble de la région de la côte Oubliée. L’objectif : caractériser l’environnement, sa biodiversité et identifier les principaux intérêts écologiques des milieux naturels de la zone. Après avoir publié un rapport technique en mai 2016, l’OEIL a restitué ses principaux résultats à l’ensemble des Calédoniens dans le neuvième numéro de l’OEIL Magazine, disponible en ligne.

La région de la côte Oubliée, une arche de Noé ?

Pour cette étude, plus de 100 personnes et 200 documents ont été consultés afin de recenser et analyser les informations environnementales disponibles à ce jour. L’OEIL a ainsi pu évaluer les caractéristiques climatiques, géographiques, biologiques et les activités humaines de la région. Parmi les observations les plus remarquables, l’Observatoire décrit une région à l’intérêt écologique exceptionnel. Elle montre que la côte Oubliée, qui représente 7 % de la surface de la Grande Terre, concentre à elle seule plus d’un tiers des plantes natives du territoire et 46 % des forêts denses humides sur substrat ultramafique du territoire !

Avec un taux d’endémisme de 82 %, cette région se place donc au-dessus de la moyenne du territoire déjà très élevée.

Oiseaux rares, geckos géants, poissons d’eau douce endémiques… la côte Oubliée se présente aussi comme un refuge pour un grand nombre d’animaux rares, protégés et menacés d’extinction à l’échelle de la planète. Il en est de même côté mer, où la barrière de corail a la particularité d’être double et ennoyée à certains endroits. Ce type de formation géomorphologique est unique en Nouvelle-Calédonie et rare à l’échelle mondiale ! La zone est d’ailleurs un chemin de migration privilégié des baleines à bosse !

Une mission réussie qui en appelle d’autres…

« L’intervention de l’Observatoire nous a apporté un regard scientifique au plus près de la nature établissant un bilan des connaissances sur la faune et la flore de cette région », rapportait Jean-Patrick Toura, maire de Thio et membre de l’OEIL. Pour autant, la région garde encore bien des secrets. D’autres études sont venues compléter ces connaissances destinées à gérer au mieux la formidable richesse écologique de la région. Dans ce sens, l’OEIL a réalisé des cartes de caractérisations environnementales (végétation, érosions, sols nus…) à partir d’images satellites sur le secteur de la Ouinné ainsi qu'une synthèse des connaissances environnementales sur les différents milieux naturels de la région de Thio qui a donné lieu à la publication d'une plaquette grand public.

Pour aller plus loin

► L'OEIL Magazine n°9

Voir le magazine

► Le rapport technique

État des connaissances sur la biodiversité et l'environnement dans la région de la Côte Oubliée « Woen Vùù », et identification des intérêts écologiques. (2016). Guillemot N, Gaillard T, Lagrange A | OEIL

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